Nos analyses

OBSERVATIONS SUR LE POLE ECONOMIQUE DE VAISE

Nous avons élaboré une réponse à un ensemble de questions suscitées par la Chambre de Commerce et d’Industrie, relatives à notre vision du développement économique de Vaise.

Les propositions qui suivent sont issues des observations émises lors de notre visite du site le 11 juillet 2013, ainsi que lors de nos réunions du :
3 juillet / 6 septembre / 11 septembre / 18 septembre / 2 octobre 2013 et commentaires courriels.

Constat général :

Il ressort de nos visites l’absence ressentie du schéma urbain clair qui permette d’identifier le quartier de Vaise comme pôle économique cohérent. Or, il s’agit de la vocation essentielle de cette grande partie de 9e arrondissement, pourvoyeuse d’emplois, vivier de savoir-faire, génératrice d’échanges humains et d’échanges de marchandises, et qui s’inscrit dans un paysage contraignant.

Bordé de coupures naturelles formées d’une grande rivière et de balmes, ce quartier est aussi marqué par ce qui a fait l’une de ses forces et de ses faiblesses actuelles, soit la voie SNCF et ses ateliers, qui créent une frontière dans la ville.

Il n’en demeure pas moins que Vaise compte des atouts majeurs en matière d’infrastructures de desserte, telle que l’autoroute A6 qui le traverse par les airs, ou le tunnel périphérique Nord qui le traverse par le sous-sol.

Il serait alors navrant d’en rester à un constat d’échec dans la continuité logique qui justifie ces dessertes, pour ne pas en faire bénéficier des pôles d’emplois, sur un arrondissement largement pourvu en logement social, dans le cadre de l’objectif de mixité sociale imparti par les politiques urbaines actuelles.

De ces grandes lignes, il nous semble nécessaire de concentrer notre réflexion pour un aménagement à l’échelle de la cité, et pas seulement à celle de cœurs de quartiers, pour favoriser le plein emploi des ressources foncières au service de ses habitants et consommateurs, d’une part, et de ses acteurs économiques artisans, commerçants, industriels, d’autre part.

Gardons en mémoire quelques noms évocateurs des quartiers ; la Gare d’eau, l’Industrie, Grande Rue, les Docks, Gorge de Loup… quelle signification aura cette toponymie à l’horizon 2050 ?

L’activité économique ne se décrète pas : elle se réalise ou non, selon les moyens dont dispose l’Entrepreneur qui la fonde. Parfois, elle ferme, faute de moyens, avec des conséquences lourdes d’ordre social, mais aussi d’ordre urbain.

Le temps de friche n’est actuellement valorisé que par ce que la conversion donne comme espoir. Entretemps, cela s’appelle des terrains vagues, des sites abandonnés, des noman’s land : ce que personne n’habite. Ce qui est l’échec urbain par excellence. Ce que des architectes et urbanistes combattent nécessairement au travers de leur mission sociale de permettre d’habiter, de se loger, et de qualifier des lieux pour leurs usages, et en même temps comme le disait Le Corbusier, de leur conférer une beauté et un sens.

Il nous a été permis de constater et semblé alors nécessaire, pour pérenniser l’espace économique productif et les échanges :

  1. D’envisager de supprimer la nappe maintenance SNCF au profit de zones d’activités en entrée de quartier, et de favoriser la fluidité Est/Ouest de part et d’autre des voies en multipliant les points de passage aux dimensions et localisations étudiées.
  2. De travailler sur le débouché du pont Schumann qui ne donne sur aucune perspective urbaine.
  3. De pallier la faiblesse générale de la voirie nouvelle, en l’absence d’axe majeur dédié aux poids lourds nécessaires à l’activité commerciale, artisanale, industrielle, en améliorant certaines dessertes existantes et en agissant sur la vocation des ilots.
  4. De valoriser l’axe Rue MOUILLARD / Rue ST SIMON / Rue MARIETTON pour desservir le secteur à l’ouest de la SNCF jusqu’à GORGE DE LOUP.
  5. De soutenir l’AXE DES 2 JOHANNES à vocation intra résidentielle mais non destinée à l’activité (avec quel devenir réel de l’ilot Bourbonnais / SOUVENIR ?), en lui donnant au Sud un débouché nouveau sous les voies SNCF, et au nord une véritable liaison vers CALUIRE, via peut être un nouveau tunnel.
  6. D’utiliser le site propre du SYTRAL pour intégrer les autres modes doux et et ne pas rester exclusif dans un quartier découpé par la SNCF.
  7. De prolonger le métro jusqu’à l’INDUSTRIE / MULTIPLEXE, en correspondance avec les emplois tertiaires et les flux culturels.

Il semble également nécessaire d’impliquer les acteurs économiques dans la définition de la forme urbaine, et de désigner une équipe pluridisciplinaire chargée d’étudier le maillage économique et juridique, mais aussi chargée d’analyser les aspects typo-morphologiques de ce grand quartier, afin d’aboutir à l’élaboration d’un véritable schéma directeur.
Encore empreint d’un projet réglementaire maintenant devenu obsolète et adapté au coup par coup, il s’agira ici d’élaborer un véritable projet urbain qui tienne compte du potentiel de mutabilité encore important de Vaise. Le projet urbain doit primer sur la réglementation.
Il s’agira aussi d’affirmer un objectif politique clair et ambitieux, pour donner à Vaise le souffle qui lui manque pour tenir ses emplois durablement, et raisonner ce souffle à l’échelle de la Ville de Lyon et de la problématique de la métropole.

Proposition de Synthèse – 1er octobre 2013 – D. Gayet, membre de l’association, indice D – 20 avril 2015

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