Nos analyses

LA VERITÉ SUR LE PROJET DE LA PART-DIEU DE LYON

De nombreux lyonnais ou utilisateurs de la deuxième grande gare de France, ignorent qu’un projet est actuellement à l’étude pour moderniser ce quartier et augmenter les capacités d’accueil de ce Centre d’Echanges Multimodale actuellement saturé, et ne connaissent pas les solutions proposées.

Notre Association, composée de professionnels de l’urbanisme et de l’architecture, étudie depuis de nombreuses années les projets importants d’aménagements urbains, comme Confluence, Perrache et la liaison Carnot Charlemagne, la transformation des Prisons et dernièrement le projet de la Part-Dieu.

Elle a participé aux diverses consultations réglementaires sur la Z.A.C. de la Part-Dieu, le Pôle d’Echanges Multimodal, la création de la voie L, et récemment la Déclaration d’Utilité Publique pour la Restructuration du Pôle d’Echanges Multimodal et la tour « TWO LYON », en découvrant avec étonnement que son périmètre ne comportait que la partie Ouest, coté place Charles Béraudier, en excluant les aménagements à l’Est sur la place de Francfort, mais en incluant par contre la création de l’entrée secondaire Pompidou.

Plusieurs rencontres avec le Commissaire Enquêteur ont eu lieu. Un AVIS DEFAVORABLE à la Déclaration d’Utilité Publique a été déposé officiellement, en l’état actuel du projet, vu le manque de réponses concrètes aux observations émises par de nombreux courriers adressés aux personnalités politiques et aux responsables techniques en charge de l’opération, y compris aux dirigeants de la S.N.C.F. responsables du projet.

L’examen approfondi des documents, trop nombreux, joints à l’Enquête Public, nous contraint à repréciser les points importants de nos réserves, car elles sont fondamentales pour la réussite du nouvel aménagement de ce quartier emblématique, et seront la source de vives critiques des usagers, si le projet devait se réaliser suivant les orientations actuelles.

1/ Le problème des accès n’est pas suffisamment étudié pour tous les types de circulation :

  • Pour les piétons, particulièrement les voyageurs avec leurs bagages, de grandes distances sont à parcourir d’un mode de transport à un autre, sans aucun abri contre les intempéries.
  • Pour les voitures et les transports en commun, la circulation est réduite par la suppression de la moitié des voies sous le pont Pompidou.
  • Aucun aménagement n’est prévu pour assurer une liaison facile et évidente avec le centre-ville. Même l’aménagement de la liaison avec la rue Bouchut n’est pas inclus dans le périmètre de la D.U.P. concernant les Espaces publics et les Infrastructures, actuellement en consultation publique.
  • Le déplacement de la trémie Vivier Merle va également perturber gravement la visibilité des accès à la Gare, en arrivant du Sud.

2/ Le Pôle d’Echanges Multimodal proposé suscite deux critiques majeures qui ont une répercussion fondamentale sur la réussite du projet :

  • La première est la perte de l’unité architecturale des bâtiments existants qui doivent être démolis, pour être remplacés par la juxtaposition d’une façade plus que discrète et banale d’un bâtiment destiné à un grand service public, et d’un bâtiment de bureaux privés de 170 m de haut et d’un hôtel, dont les parkings sont sous le domaine public de la place Béraudier, avec une surface réservée aux accès des piétons, largement diminuée par des trémies destinées à l’accès des vélos ou à l’éclairage des niveaux inférieurs.
  • La deuxième critique majeure concerne l‘entrée secondaire de la Gare S.N.C.F. installée sous le pont Pompidou, qui supprime deux voies utilisées pour la circulation automobile et les transports en commun, alors qu’il est prévu 700.000 m2 d’immobilier tertiaire neuf et 2.000 logements supplémentaires partiellement desservis par cette voie.
  • La diminution d’un des rares passages sous les voies ferrées entre Lyon et Villeurbanne est une aberration d’autant plus que ses larges dimensions avaient été demandées lors de la conception initiale, par Charles Béraudier et Bernard Rivalta, pour assurer la liaison entre Lyon et Villeurbanne, vu la coupure constituée par les voies ferrées.

3/ Le paysage urbain de Lyon va être profondément modifié

par la réalisation d’immeubles de grande hauteur qui, après démolition des bâtiments de la place de Milan situés sur la façade Nord de la Place Béraudier, vont apporter par leur densité importante à la limite des voies ferrées, une silhouette inhabituelle de Lyon, connue internationalement par son classement à l’U.N.E.S.C.O.

  • La tour « TWO LYON » déjà programmée, contribuera à accentuer ce parti de verticalisation qui fut à la mode, mais qui est actuellement remis en question face aux nouvelles méthodes de travail et d’organisation des entreprises (co-working)
  • La deuxième interrogation concerne l’utilisation de ces bâtiments I.G.H., qui coûtent plus chers à la construction que des tours classiques, vu les normes à respecter, et qui sont surtout occupés à Lyon par des administrations ou services publics tels que E.D.F., S.N.C.F., CAISSE d’EPARGNE etc.
  • Il est regrettable que le problème important du grand Paysage Lyonnais n’est pas été étudié à l’échelle de la ville par des urbanistes ou des architectes, avec éventuellement l’organisation d’un concours et la consultation des habitants, car Lyon possède des caractéristiques particulières avec ses deux collines et ses deux fleuves qui depuis des siècles définissent son paysage. Celui-ci ne peut pas être défini par une conception personnelle !

Conclusion :

Notre Association pense qu’il est de son devoir de faire connaître le projet actuel et les critiques qu’elle a émises sur les objectifs et les solutions proposées, car l’enjeu est important pour le devenir de notre ville et l’agglomération Lyonnaise. Elle reste à votre disposition pour toutes informations complémentaires ou suggestions.

Ci-joint : Rapport sur la Déclaration d’Utilité Publique pour la Restructuration du Pôle d’Echanges Multimodal Part-Dieu, remis au Commissaire Enquêteur dans le cadre de la procédure réglementaire.

Périmètre de DUP

 

le Comité de Rédaction
Eugène GACHON

6 commentaires

  1. Matthieu
    9 octobre 2017 at 21 h 25 min — Répondre

    1. L’accès en voiture doit être secondaire , c’est le précepte d’une voiture indispensable qui déforme votre analyse. La réduction de la place réservée à la voiture réduisant son usage doit être une partie de la solution. Les accès voiture doivent être pensés en terme de service de mobilité (taxis, covoiturage), pas d’accaparement de l’espace publique (et des investissements. Les statistiques sur le sujet sont assez claires). 2. Il vaut mieux des immeubles de grande hauteur architecturés en centre ville que des zones d’activités à l’horizontale qui défigurent les zones périurbaines. 3. La caisse d’épargne n’est pas une administration (ni le LCL d’ailleurs). Quel rapport? 4. Les 2000 logements en centre ville à côté de la gare ne nécessitent pas d’accès voiture dimensionnés pour des trajets quotidiens, pas plus que du tertiaire d’un pôle desservi par l’ensemble des TC de la métropole (Métro, Tram, Bus, Trolleybus, TER) d’autant plus si cette réduction s’accompagne des accès cyclistes que vous identifiez comme un problème. 5. Le fait que l’accès secondaire ait été surdimensionné sous le pont Pompidou à la conception est naturel puisque à cet époque la voiture individuelle était un encore un précepte intangible avec les résultats désastreux que l’on subit aujourd’hui (bruit, pollution, …)

    • Yeps
      10 octobre 2017 at 21 h 15 min — Répondre

      J’approuve le commentaire précedent. Dans le quartier de la Part-Dieu, l’espace public est suffisamment précieux pour éviter de le réserver à un usage à la fois minoritaire et générateur de nuisances.

      Vous conviendrez quand-même que venir en voiture individuelle à la Part-Dieu est une aberration!

    • 13 octobre 2017 at 14 h 32 min — Répondre

      Réponse à Matthieu : Merci pour votre commentaire qui montre votre intérêt pour le projet.
      Part-Dieu que nous étudions depuis 2013 avec passion, car il est primordial pour l’avenir du quartier et la perception paysagère de Lyon.

      1/ Le problème de de la circulation des voitures n’est pas notre souci majeur, car il est malheureusement plus vaste que la définition des accès autour du PEM, mais malgré les statistiques, la construction de 700.000 m2 de bureaux et 2.000 logements supplémentaires vont obligatoirement amener une augmentation du flux des véhicules qui seront peut-être électriques dans quelques années. Il est évident, dans toutes les hypothèses, que la diminution des accès existants autour d’un Pôle d’Echanges Multimodal est une « aberration »

      2/ Les immeubles de grande hauteur sont actuellement remis en cause par des urbanistes réputés, car leur structure intérieure imposée par les réglementations ne répond plus aux nouvelles méthodes de travail collectif (co-working, crowd- funding , etc.) D’autre part une concentration aussi importante que celle de la place de Milan ne peut s’envisager sans une étude détaillée des prospects et des dessertes, en prenant également en compte son impact sur le paysage de Lyon et les caractéristiques qui ont présidé à son classement à l’UNESCO.

      3/ Nos exemples sur l’occupation des tours actuelles sont peut-être discutables, mais il faut bien reconnaître que peu de vrais entreprises privées les occupent.

      4/ Les 2.000 logements en centre-ville à côté de la gare ont droit à des accès voiture largement dimensionnés, car non seulement les lieux de travail ne sont pas obligatoirement dans le secteur ou bien desservis par des transports en commun, mais la proximité du PEM apportera un surplus de circulation, en tous genres, non négligeables, dans l’ensemble du quartier.

      5/ La suppression des voies de circulation sous le pont Pompidou est non seulement dommageable pour la desserte du quartier et la liaison entre Lyon et Villeurbanne, mais également une erreur d’urbanisme par l’implantation d’une tour dont les étages inférieurs s’alignent ave le milieu du pont actuel, supprimant toute perspective entre l’Est et l’Ouest, dominant l’entrée secondaire de la gare et les voies ferrées, par une construction de 170 m, plus haute que la tour du Crédit Lyonnais.

      Nos réactions ne sont guidées par aucun intérêt personnel, mais nous pensons qu’un projet aussi important méritait une véritable concertation et la présentation de plusieurs solutions issues de diverses consultations, afin de trouver le meilleur parti urbanistique et architectural en fonction des impératifs financiers.

  2. 10 octobre 2017 at 18 h 13 min — Répondre

    L’urbanisme du passé a parlé.
    Beurk.
    Espérons que vous perdiez les prochains marchés publics

    • 13 octobre 2017 at 16 h 03 min — Répondre

      Des erreurs ont certainement été faites dans le passé, mais quand on compare toutes les études de l’époque, les réunions avec les élus de Lyon et Villeurbanne, les diverses propositions des bureaux d’études et des deux architectes en chef, les propositions de la SNCF, face au parti urbanistique et architectural actuellement retenu, qui n’a fait l’objet d’aucune consultation de professionnels, comme l’Agence d’Urbanisme de Lyon, ni de véritable concertation du public, on peut, peut-être en effet, regretter l’Urbanisme du Passé.

      Le développement du vélo à Lyon est une excellente évolution, mais les autres modes de déplacements existeront toujours et ne doivent pas être sacrifiés, surtout avec la perspective de l’électrique.

      Soyez tranquille!, je suis à la retraite!

  3. GrammarNazi
    12 octobre 2017 at 15 h 28 min — Répondre

    “par des administrations ou services publics tels que E.D.F., S.N.C.F., CAISSE d’EPARGNE etc.”
    EDF, SNCF et Caisse d’Epargne ne sont plus ni des administrations ni des services publics… depuis maintenant quelques dizaines d’années…

    “avec ses deux collines et ses deux fleuves” : la Saône n’est pas un fleuve. Révisez votre géographie !

    “de la deuxième grande gare de France” : ça ne veut rien dire.

    “Centre d’Echanges Multimodale” : mais quelle belle prise ! Magnifique !

    “Enquête Public” : ma-gni-fique !

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Président de l'association Architecture et Urbanisme, architecte DPLG.